L’impact de la créatine sur le cerveau

Le cerveau humain dépend d’un apport constant d’énergie, nécessaire au bon fonctionnement. Les altérations de l’approvisionnement énergétique peuvent mettre en péril les fonctions cérébrales et même conduire à la pathogenèse ou à la progression de maladies neurodégénératives. La perturbation chronique de l’énergie entraîne la dégradation des structures cellulaires et crée des conditions qui favorisent le développement de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer ou de la maladie de Huntington. En outre, une altération du métabolisme énergétique du cerveau est l’un des principaux facteurs contribuant à la pathogenèse des troubles psychiatriques. Ainsi, les interventions qui peuvent augmenter ou réguler les réserves locales d’énergie dans le cerveau pourraient être neuroprotectrices et représenter un bon outil thérapeutique pour gérer diverses conditions neurologiques et neurodégénératives.

L’un des agents thérapeutiques potentiels pour restaurer l’énergie du cerveau est la créatine. La créatine est particulièrement importante car elle reconstitue l’ATP (une unité d’énergie cellulaire) sans dépendre de l’oxygène.

La créatine est mieux connue comme l’un des suppléments les plus populaires pour le culturisme. Étant un composé complètement naturel, il n’a pas d’effets négatifs et est couramment utilisé par les amateurs de gym. La créatine est principalement stockée dans les muscles où elle sert de source d’énergie facilement disponible. Mais selon les découvertes scientifiques, la créatine se concentre également dans le cerveau. Il s’agit d’une composante importante du système créatine kinase/phosphocréatine qui joue un rôle important dans les réseaux métaboliques du cerveau et du système nerveux central et qui participe à de nombreuses fonctions du cerveau. Des études expérimentales ont indiqué que la créatine peut protéger des dommages aux cellules ischémiques (qui sont causés par un manque d’oxygène) en empêchant l’épuisement de l’ATP (énergie) et en réduisant les dommages structurels aux cellules cérébrales affectées.

Malgré des résultats de laboratoire prometteurs, l’étude des effets de la créatine dans le cerveau humain a produit des résultats controversés. Jusqu’à présent, les études sur la supplémentation orale en créatine ont démontré certains avantages. Par exemple, une étude chez de jeunes volontaires en bonne santé a montré qu’une supplémentation orale avec du monohydrate de créatine pendant 4 semaines entraîne une augmentation significative de la concentration totale de créatine dans le cerveau des participants, l’augmentation la plus prononcée étant observée dans le thalamus. Le fait que la créatine se concentre dans le cerveau après consommation indique clairement que la créatine peut franchir la barrière hémato-encéphalique, où l’on peut s’attendre aux bienfaits de la supplémentation en créatine pour le cerveau.

Une autre étude a étudié l’impact de la consommation de créatine sur la chimie du cerveau, y compris le métabolisme des phosphates à haute énergie du cerveau. Après deux semaines de supplémentation en créatine, le niveau de créatine dans le cerveau a augmenté de façon significative, ainsi que les concentrations de phosphocréatine et de phosphate inorganique. Cette étude démontre clairement la possibilité d’utiliser la supplémentation en créatine pour modifier le métabolisme des phosphates à haute énergie dans le cerveau. Cela est particulièrement important pour les personnes atteintes de certains troubles cérébraux, car des altérations du métabolisme des phosphates cérébraux ont été signalées dans les cas de dépression, de schizophrénie et dans les cas d’abus de cocaïne et d’opiacés.

Les effets de la supplémentation en créatine dans une autre étude humaine ont démontré que la créatine peut améliorer les performances cognitives pendant la privation d’oxygène. Les participants à cette étude ont reçu de la créatine ou un placebo pendant sept jours et ont ensuite été exposés à un mélange gazeux hypoxique. Par rapport au groupe placebo, la supplémentation en créatine a contribué à restaurer les performances cognitives, en particulier la capacité d’attention affectée par l’hypoxie. De plus, la créatine a aidé à maintenir un potentiel de membrane neuronale approprié dans les cellules du cerveau. Cette recherche a démontré que la créatine peut être un complément précieux lorsque la fourniture d’énergie par les cellules est compromise. De plus, il soutient l’idée que la créatine est bénéfique non seulement pour récupérer la force musculaire, mais aussi pour restaurer la fonction cérébrale.

Environ la moitié des besoins quotidiens en créatine (environ 3-4 grammes) provient de sources alimentaires, tandis que l’autre moitié est produite de façon endogène dans l’organisme. La créatine est un carnutriment, ce qui signifie qu’elle n’est disponible qu’à partir d’aliments d’origine animale (principalement de la viande). Comme la créatine n’est pas présente dans les aliments d’origine végétale, les taux plasmatiques et musculaires de créatine sont généralement plus faibles chez les végétariens et les végétaliens que chez les omnivores. Ainsi, les personnes dont l’alimentation est basée sur des aliments végétaux peuvent bénéficier d’une supplémentation en créatine en termes d’amélioration des fonctions cérébrales. Une étude chez les jeunes femmes adultes a porté sur l’impact de la supplémentation en créatine sur les fonctions cognitives chez les végétariens et les omnivores. Comparé au groupe placebo, 5 jours de supplémentation en créatine ont conduit à une amélioration significative de la mémoire. Cette amélioration de la fonction cérébrale était plus prononcée chez les végétariens. Une autre étude a porté sur les effets d’une supplémentation en créatine d’une durée de 6 semaines chez les jeunes végétariens. Par rapport au placebo, la créatine a induit des améliorations significatives de l’intelligence et de la mémoire de travail, les deux fonctions dépendent de la vitesse de traitement de l’information. Cette étude a montré que la performance cérébrale dépend du niveau d’énergie disponible dans le cerveau, qui peut être influencé de façon bénéfique par la supplémentation en créatine.

La supplémentation en créatine semble être bénéfique non seulement pour les personnes en bonne santé, mais aussi pour les personnes souffrant de troubles psychiatriques. Par exemple, on a signalé une diminution des taux de créatine dans le cerveau de patients souffrant de troubles anxieux. Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) est un type de trouble anxieux qui se développe chez des sujets ayant vécu des situations traumatisantes. La supplémentation en créatine s’est avérée bénéfique chez les patients atteints de SSPT résistants au traitement pour soulager les symptômes et améliorer la qualité du sommeil.

De plus, l’étude des fonctions de la créatine dans le système nerveux central souligne le potentiel thérapeutique de la créatine dans les maladies neurodégénératives, puisque la supplémentation en créatine peut réduire la perte de cellules neuronales. De plus, des études sur des modèles animaux ont démontré que la taille des réserves de créatine dans le cerveau joue un rôle important dans la maladie d’Alzheimer, et la supplémentation en créatine s’est avérée bénéfique dans les modèles animaux de la maladie de Parkinson, ce qui justifie l’utilisation de la créatine dans ces conditions.

En résumé, il semble que la créatine puisse être utilisée comme supplément pour reconstituer les réserves d’énergie du cerveau. Cela peut encore améliorer les fonctions cognitives et les performances cérébrales, avec des effets plus prononcés chez les végétaliens et les végétariens. De plus, la créatine a un potentiel thérapeutique dans les troubles psychiatriques et les conditions neurodégénératives.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *